Le brancard, l’outil numéro un de l’ambulancier

Préambule

Cette nouvelle série a pour objectif d’aborder le matériel propre à l’ambulancier, j’expliquerai dans ces articles, le matériels existant au sein de l’ambulance, son histoire, sa fonction, son utilisation, son cadre législatif etc … L’idée étant pour les uns de découvrir certains matériels, pour les autres, de comprendre les limites de son utilisation, ou la comparaison entre différents modèles. L’ouverture d’esprit et la curiosité sont de mises !

Le brancard, une histoire, une évolution au fil du temps

Le brancard, une histoire, une évolution au fil du temps. Le brancard c’est l’indispensable outil de l’ambulancier, objet représentatif de toute une profession, tantôt quasi archéologique, tantôt fantasmagorique de technologie. D’où viens-t-il ? Quel est-il ? Comment fonctionne-t-il ? Nous allons vous présenter au cours de cet article son histoire, mais aussi l’évolution des matériels. Plus qu’un simple outil il se doit d’être autant au service du patient que de l’ambulancier.

Le brancard dans l’histoire

Le brancard est initialement né des champs de bataille, premièrement qualifié de civière, souvent adapté de deux rondins de bois et d’une toile entre les deux, parfois tiré par des chevaux. L’origine chronologique de ce matériel est peu documentée tant il est ancien.

Le brancard moderne, roulant et autoporté est issu du 19° siècle, sous l’ère Napoléonienne , probablement à l’initiative du jeune docteur Dominique Larrey, précurseur et initiateur de l’ambulance et de l’évacuation des blessés en ces temps de guerre.

Des brancards, mais plusieurs types

Aujourd’hui, les brancards se divisent grossièrement en deux catégories dans nos contrées françaises. Les brancards manuels (sans assistance), qui constituent la quasi globalité du parc national, les brancards à assistance électrique. Peu répandus encore en France mais autrement plus nombreux Outre Atlantique. Chaque système possède ses caractéristiques propres, ses avantages et inconvénients. Mais avant de juger nous allons vous les présenter.

Le brancard manuel versus le brancard électrique

Le brancard manuel, est synonyme de praticité, destiné à un usage courant de transport sanitaire. Il a l’avantage d’être peu coûteux et fait parfaitement l’affaire dans la majorité des cas. Ses limites ? Sa capacité de charge. La majorité des brancards manuels étant donnée pour une limite moyenne de poids de 175 kg. Certains constructeurs, type Chapuis, proposent des brancards dits « bariatriques » avec une capacité maximale de charge de 250 kg.

Seulement, qu’advient-il du confort du patient sur un brancard inadapté à sa morphologie ? Qu’advient-il du binôme d’ambulanciers soumis aux contraintes de la gravité qui devront manipuler un patient tout en évitant d’éventuels Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) ?

Le brancard électrique quant à lui, encore très (trop?) peu présent en France, et est pourtant une valeur ajoutée à l’étranger. A l’inverse de notre cher pays, les pays anglo-saxons notamment utilisent très majoritairement ce matériel. Choix d’un investissement dans le sens du patient ? Des acteurs du soin pré-hospitalier ? Une différence en tout cas flagrante sur la volonté d’aller dans le sens du progrès…

On distingue deux constructeurs majoritairement implantés dans le monde. Il s’agit de Stryker et de Ferno. D’autres s’y essayent, comme Kartsana et d’autres encore, sans forcément parvenir à la qualité des deux premiers.

Le concept du brancard électrique est simple. Des commandes aux poignées permettent de faire monter et descendre automatiquement les roues via l’action d’un vérin, ce sans aucun effort. Ceci permettant d’éviter les TMS en relevant le brancard à la force des jambes (ou du dos, quand la technique n’y est pas, bien trop souvent…)

Ces brancards sont généralement prévus pour supporter une charge supérieure à 300 kg (318 kg pour le Stryker power pro, 318 kg pour le Ferno INX, 420kg en position basse pour le Ferno Powerflexx). Les assises sont également plus larges avec des barrières latéralement amovibles, permettant ainsi une meilleure adaptation à la morphologie des patients.

Le défaut majeur du brancard électrique ? Son prix, généralement au-delà des 15 000 euro pour le brancard seul. Un énorme investissement pour les sociétés d’ambulance, mais il est à mettre en rapport avec le coût des TMS dus au brancardage.

Le brancard dans l’ambulance

N’oublions pas que le brancard n’a pour fonction finale, que le transport du patient dans le respect des règles de sécurité, du confort et de la pathologie du patient. Mais comment ce brancard s’installe en toute sécurité ?

Le brancard manuel

Il est pour sa part, majoritairement monté sur une table de translation en inox. Cette table permet, comme son nom l’indique, de modifier la position du brancard dans l’ambulance sur le plan transversal. Certaines tables permettent également de rehausser le brancard, sont suspendues ou encore de l’incliner en proclive ou en déclive. Ces deux options permettant une position plus confortable pour les effecteurs de soin lors de gestes précis, ou bien d’adapter des positions d’attente.

Le brancard manuel vient se pousser dans l’ambulance à l’aide de la rampe de chargement, puis il viendra se verrouiller dans un système d’ancrage à 3 points (2 cales  sécurisées à l’avant, puis un point d’ancrage à l’arrière. Ce système est normé 10G, de la même manière que n’importe quel autre équipement présent dans l’ambulance.

Le soucis principal du brancard manuel est le risque de Troubles Musculo-Squelettiques dûs au chargement. Pour y palier au maximum, des systèmes sont proposés, notamment par STEM, le leader des plateaux de brancard. Il existe donc des systèmes mécaniques ou électro-mécaniques permettant d’abaisser ou de sortir le plateau afin de l’amener au plus bas. La bascule inverse de la table venant soulager l’ambulancier pour pousser le brancard dans l’ambulance.

eden brancard ambulancier le site Ambulancier : le site de référence Le brancard, l'outil numéro un de l'ambulancier

Un autre système de chargement existe, électrique celui ci, baptisé Sherpa. Il s’agit d’une sangle fixée à un enrouleur motorisé, lui même fixé sur la table du brancard, qui va venir tracter le brancard jusqu’en position de butée.

Le brancard électrique

Du côté des brancards électriques, les systèmes de fixation sont plus variés. Les constructeurs proposant de plus en plus des systèmes propres à leur marque. Il existe des aides au chargement de ces brancards manuels, qui demandent des efforts relativement importants pour être montés dans l’ambulance

La majorité des systèmes de chargement manuel des ces brancards consistent en une fixation 3 points, mais sans plateau. Des rails sont fixes sur le plancher du véhicule et guident l’avant du brancard tout en le bloquant, le verrouillage, lui, se fait sur le côté gauche du brancard avec un système très simple de crochetage actionné par une tige.

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Ce système, comme pour le brancard manuel, à le problème du chargement qui se fait à la force de l’ambulancier, contraint de réaliser le deuxième point d’appui le temps que le roues se mettent au niveau de l’ambulance, et qui doit ensuite le pousser au fond du véhicule. Il doit alors supporter pendant quelques secondes le poids du brancard (entre 70 et 120 kgs selon les modèles) ainsi que le poids du patient, voir du matériel supplémentaire.

Des solutions existent  pour palier à ce problème, à l’image du système power load de chez stryker, constitué d’un bras posé sur un rail, qui vient happer le brancard par sa structure pour le soulever au niveau du plancher. L’ambulancier n’a alors qu’a freiner la course du  brancard jusqu’en butée sans jamais forcer.

brancard stryker ambulancier le site Ambulancier : le site de référence Le brancard, l'outil numéro un de l'ambulancier

Ferno, quant à lui, a conçu une solution propre au brancard sur son INX. Le brancard à un système de dissociation des jambes avant et arrière, lui permettant « d’enjamber » le seuil de l’ambulance pour se lover sur son rail de fixation.

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L’équipement du brancard

En plus de ses qualités intrinsèques, les brancards sont plus ou moins équipés, avec généralement des équipements en options, payantes, cela va de soit.L’équipement de base comprend uniquement le brancard. On peut y ajouter des roues directionnelles sur les deux jambes, un système de fixation des bouteilles à oxygène, des filets de rangement, des accoudoirs de différentes qualités, des matelas de différentes qualités, des supports de perfusion démontables ou non etc …

Nous pouvons aborder avec plus de précision le sujet des « tables cardio », ces plateaux surélevés, fixés au brancard destinés à placer différents appareils à proximité du patient. Comme tout dispositif dans une ambulance, elle doit être normée 10G. Cependant, certaines tables sont testées et validées avec des poids bien moindre que le seul poids d’un multiparamétrique lourd (Le LifePack 15 par exemple…) Il convient donc de faire attention à la répartition des charges sur cette tablette afin de ne pas éborgner (dans le meilleur des cas) votre patient lors d’un freinage appuyé.

Ferno propose à ce jour la tablette la plus évoluée et sécurisée du marché. Il s’agit du modèle PacRac, doté d’un système de fixation rapide et très performant, d’une construction solide, de deux pieds à perfusion intégrés, de sangles de retenues également adaptées au transport de matériel conséquent, et surtout, il dispose d’un système de déverrouillage des pieds de la tablette, permettant alors de transférer un patient sans enlever cette dernière. Son gros problème ? Elle n’est adaptable que sur les brancards Ferno récents…

tablette ferno brancard ambulancier le site Ambulancier : le site de référence Le brancard, l'outil numéro un de l'ambulancier
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Les ceintures de sécurité

Un petit point simplement sur un matériel malheureusement bien trop souvent négligé, qui fait pourtant partie intégrante du brancard. Il s’agit bien entendu des ceintures ! On en trouve de différentes sortes, utilisées de manière plus ou moins efficace …

Côté réglementation, les ceintures de sécurité sont régies par la norme NF EN1865, qui dépend elle même de la norme NF EN1789. La première consiste à définir les normes de sécurité propres au brancard et ses équipements, la deuxième régit la sécurité du brancard au sein de l’ambulance.

Concernant les ceintures de sécurité, la norme NF EN1865-1 explique alors que le brancard doit être équipé d’au moins deux sangles de retenue comportant un dispositif d’ouverture rapide et pouvant accepter un dispositif de retenue pour enfant.

Il n’existe donc pas de législation quant au harnais, seulement la norme NF EN1789 explique que tous les systèmes de fixation dans l’ambulance doivent être normés 10G, hors seul le harnais permet, dans les faits, de valider les crash test.

Il est donc primordial pour la sécurité de nos patients, d’utiliser le harnais, ainsi que de bien attacher toutes les ceintures de sécurité. Il est bien trop fréquent de voir des patients sans ceintures, ou avec la seule ventrale…

Conclusion

Il existe une multitude de spécificités de brancards, si à l’heure actuelle, force est de constater que la France a du retard sur le reste du monde avec l’utilisation massive des brancards manuels. Il est cependant à noter l’émergence des brancards électriques, sources de confort pour le patient, pour les ambulanciers, et de praticité au quotidien pour ces derniers.

Les mentalités évoluent, les entreprises profitent de possibilités de financements pour s’équiper de manière plus logique.

N’oublions jamais que le brancard est l’outil le plus représentatif de notre profession, que c’est la première chose que voient et jugent nos patients, nos collègues ambulanciers et les autres soignants. Un matériel de qualité, propre, bien rangé, avec des sangles ajustées et des patients sécurisés sont un gage de professionnalisme dont nous ne pouvons nous passer.

L’évolution du métier d’ambulancier passe aussi par là !

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Benjamin Serisier

Benjamin SERISIER, 28 ans, ancien mécanicien de formation, je suis devenu Ambulancier Diplômé d’Etat en 2017, suite à une découverte tardive du métier, je travaille de nuit chez Assistance Ambulance, sur Nantes. Ma passion pour l’urgence pré-hospitalière se développe de jour en jour, me poussant à passer le PHTLS, puis le POET, puis l’ACLS. Je porte un intérêt énorme pour les systèmes de soins d’urgence pré-hospitalière à travers le monde.

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